dimanche 27 décembre 2009

Noël chez les pygmées Baaka.

Ce 24 décembre, nous mangeons du pigeon vert au déjeuner. Nous prenons ensuite la route - le père Lucien, Fidelis, Patricia, Hornella, Geodress, Divine et moi - allons jusqu’à l’école ORA de Wongo pour assister à la proclamation des résultats du premier trimestre, suivis de chants et d’animations. Avec le père, je félicite les élèves qui ont réussi et nous distribuons des bonbons à chacun. La journée se poursuivit par une réunion de parents d’élèves pendant que quelques-uns s’activent à la cuisine. Nous rejoignons ensuite l’église de Wongo et sur le mur nous projetons un film sur Marie, mère de Jésus. Au moment de la naissance du Christ, nous arrêtons le film pour poursuivre à l’intérieur de l’église avec la messe à la lumière des phares du véhicule. Deux heures de célébration plus tard, nous projetons un deuxième film. Cette fois il s’agit du Silence de la forêt. Un film tiré d’un livre qui raconte le retour en Centrafrique d’un homme qui a fait ses études en France. Il décide de soutenir la cause des pygmées et rencontre de nombreuses difficultés. Après le film nous retournons à Wongo pour prendre le repas du soir, un repas de fête avec du riz et du cabri. Nous rentrons finalement à la paroisse de Bétou, fatigués car il est près de 2 heures du matin.
Le lendemain je me rends à la messe en langue (Lingala) à Yendé, un quartier de Bétou avant d’ouvrir les cadeaux que j’avais soigneusement emportés. Merci, je pense très fort à vous tous. Je vous souhaite un joyeux Noël.

lundi 21 décembre 2009

Bientôt les vacances

Le championnat de la sous-ligue de football de Bétou s’annonce palpitant. Dimanche nous avons essuyé notre deuxième défaite sur un score de 1 à 0. Malgré les pieds nus des joueurs de l’équipe du centre nous avons réalisé 4 transversales et rentrons bredouille.
Au centre, la perspective des congés éclaircit les rangs des apprentis. Cette semaine je réalise des tests en français. Depuis une semaine le nouveau formateur - élève de la première et dernière promotion sortie - revient d’un stage de deux mois à Brazzaville et la qualité des plats s’est nettement améliorée. Des membres de MDA (Médecins d’Afrique) reviennent tous les jours en ce moment, convaincus par la nouvelle carte. Les apprentis peuvent poursuivre leur formation, rassurés.
De retour d’Impfondo le père Lucien a passé une nuit à la paroisse avant de s’en retourner sur Pokola et Mokabi pour visiter les écoles ORA accueillant les autochtones. Il sera de passage le dimanche 27 décembre avec le préfet apostolique Jean Gardin après avoir passé Noël à Enyelle.
Enyelle où je me suis rendu jeudi pour accompagner le directeur départemental de la santé qui visite les peuples autochtones.
Depuis la semaine dernière je rends visite quotidiennement au Centre ALCM - Association de Lutte Contre la Malnutrition - j’y fais l’inventaire des stocks de médicaments et de pâte alimentaire. Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) a doté le centre de denrées de base. La société Likouala Timber, qui finance le Centre des malnutris, rencontre des difficultés financières à cause de la crise. De ce fait l’infirmière en poste depuis un an est allée rejoindre MSF, car eux payent à la fin du mois.
Lundi soir, au milieu de ma première partie de tennis de table, une foule a arpenté la route en direction de Yendé en criant que les militaires du gouvernement avaient repris le contrôle de la ville de Dongou. Trois jours plus tard j’apprenais que la ville avait à nouveau changé de bord.
Difficile de s’imaginer la neige à Paris alors que je transpire de chaud toute la journée. Je suis heureux de me vider tous les soirs un bon seau d’eau sur la tête. A noter que depuis lundi nous disposons maintenant de l’électricité en continu à la paroisse, grâce à la société forestière. Malheureusement Internet fonctionne toujours aussi aléatoirement, c’est pourquoi les nouvelles sont rares.

mercredi 2 décembre 2009

Déception

Résultat du match : 8-1. Nous ferons mieux la prochaine fois. Certains de nos joueurs jouaient pieds nus par manque de chaussures. Lundi, le père Lucien a renvoyé notre formateur en Hôtellerie-Restauration ; les apprentis sont inquiets, je les ai convaincus de garder le restaurant ouvert le temps de trouver un nouveau formateur. Je me décourage parfois face au manque de moyens et surtout de formateurs.
Depuis deux jours je ressens un peu de fatigue, j’ai mal à la gorge ; c’est le mois de décembre, le début de la saison sèche, il fait de plus en plus chaud et j’ai des difficultés à trouver le sommeil. Il est probable qu’il ne pleuve plus avant le mois de mai : la rivière a déjà perdu un mètre en une semaine. Le père Lucien est en forme : revenu de Brazzaville dimanche soir, il est reparti lundi soir pour Enyelle et Impfondo.

vendredi 27 novembre 2009

Semaine studieuse

Cette semaine a vu l’arrivée des camions du PAM (Programme Alimentaire Mondial) pour la distribution de vivres et de fournitures de base pour survivre ici, telles que des couvertures et des marmites. Deux réunions de la Croix Rouge se sont tenues au Centre. Alexis, notre surveillant général a été élu Président de la section locale. Pour ma part, j’ai passé la semaine à corriger, modifier et améliorer les emplois du temps, sachant que l’on manque encore de formateurs. Je me suis rendu compte qu’un seul formateur en mécanique automobile ce n’est pas suffisant. Heureusement il est prévu d’employer un chauffeur-mécanicien qui pourra enseigner également.
Demain mon équipe de football jouera son premier match de championnat. Nous n’avons pas encore de gardien et nous rencontrons l’équipe la plus forte sur le papier. Je souhaite surtout que l’on évite les blessures.

samedi 21 novembre 2009

Construction du garage

D'abord une petite pensée pour celles et ceux qui se sont réunis vendredi soir à l'église de Bussy st Georges pour une veillée de prière Taizé. Mes prières les accompagnent. J'espère que beaucoup de jeunes feront le déplacement à Poznan le 29 décembre.


Voici maintenant comment nous avons construit un garage en quelques heures de travail.

1 - Prendre le 4X4 et aller dans la forêt : c'est la première fois que je conduis un véhicule de ce type, c'est assez agréable. Ici pas d'autre véhicule possible ! 2 - Négocier la paille à un tarif abordable et l'installer sur le toit du véhicule. J'ai du faire deux allers-retours, soit 80 kilomètres en tout.

3 - Monter la structure de base, la charpente avec les chevrons, les lattes et les pointes fournis par la société, avec quelques apprentis et un chef de chantier qui ne traîne pas à récupérer tous les restes et même un peu plus.

4 - Monter la paille et la fixer solidement pour ne pas qu'elle s'envole au premier coup de vent.
Dans les prochains jours, le formateur en menuiserie renforcera la charpente et montrera à ses apprentis comment décorer joliment la structure.
Les jeunes ont passé les tests. 82 présents sur 90 inscrits. Moyenne générale 9,72 : peut mieux faire. Il n'y a pas trop de déçus. La majorité a choisi la section de son choix. La première place revient à Stéphanie, une jeune fille qui a envie d'apprendre la mécanique automobile, car elle considère que ce n'est pas un métier réservé aux hommes.

jeudi 19 novembre 2009

Visite ministérielle

Dimanche il a tellement plu qu’une messe seulement a été célébrée à 10h30, ma première messe en Lingala. Nous étions peu nombreux, les paroissiens ne se déplacent pas sous la pluie. Les habitants de Bétou sont peu habitués à des pluies qui durent si longtemps.
Je suis devenu Président du club de football des flèches noires. Mon équipe comprend 23 joueurs, tous motivés pour remporter le championnat de la Sous-ligue de Bétou. J’ai été officiellement invité à la cérémonie d’ouverture du championnat, mais elle a été reportée pour cause de terrain non-praticable à mardi, pendant les tests au Centre d’Apprentissage. Je ne peux donc pas m’y rendre.
Ce jour-là, un ministre de RDC est arrivé en hélicoptère - un appareil des Nations Unis avec quelques casques bleus à bord - il s’agissait d’une visite éclair de l’hôpital, avec don de trois cartons de médicaments et visite des réfugiés. Le père Lucien est revenu de Douala, au Cameroun, avec le nouveau véhicule. Il est arrivé dans la nuit avec 6 cochons et beaucoup de matériel pour tout le monde. Dans l’après-midi, nous avons fait le déplacement sur l’axe Nord, en passant par l’école Wongo 1 et jusqu’à Ebalabala. Pas évident de circuler sur la piste quand le dernier véhicule est passé il y a plus de deux mois ; c’était déjà le père Lucien. Nous avons passé plusieurs arbres couchés en travers de la piste. Nous avons distribué les craies et les ardoises, regardé l’avancée des constructions des écoles pour les enfants autochtones. Chaque école accueille une centaine d’enfants et il n’y a qu’un animateur à chaque fois.

lundi 16 novembre 2009

Maraîchage

Bétou, Mercredi 11 novembre 2009

Aujourd’hui au Congo, il s’agit d’un jour de travail comme un autre. Lundi j’ai regardé à la télévision les cérémonies pour les vingt ans de la chute du Mur de Berlin. Je me rend compte que les habitants de Bétou ne sont pas très concernés. Côté travail, beaucoup de « deuxième année » sont encore en vacances à Brazzaville ou ailleurs. Les apprentis reprennent le chemin du centre petit à petit. Côté « première année », les cours de mathématiques, de français et de déontologie professionnelle se poursuivent. Le mercredi c’est le jour du maraîchage : tout le monde travaille au potager.

Emplois du temps

Bétou, Dimanche 8 novembre 2009

Samedi après avoir établi la liste des admis en deuxième année, j’ai passé l’après-midi à concevoir les emplois du temps des « première année ». Il y aura sans doute des améliorations à apporter. Pas évident de tenir compte du manque de formateurs, du nombre de sections et de la disponibilité des salles. Le chef du personnel a rappelé l’importance que la société accorde à ce centre lors de la réunion de vendredi. J’ai passé la semaine à faire des allers-retours à Likouala Timber pour en discuter.
Cette semaine j’ai découvert le caïman, avec sa sauce et accompagné de frou-frou, la pâte alimentaire locale qui remplace souvent le manioc dans les assiettes. Quotidiennement j’entend le poulet qui succombe sous les coups de hachoir, non sans protester. Ici tout est naturel, on sait ce que l’on a dans son assiette.
Il semble que le père Lucien et le père Guy partis à Douala aient enfin récupéré leurs véhicules. Ils devraient mettre une semaine à venir jusqu’à Bétou s’il ne pleut pas trop et devraient apporter avec eux le four avec plaques électriques commandé par M. Solo et le ballon de football réclamé par M. Alexis pour le sport.

mardi 3 novembre 2009

Evacuation

Les dernières familles ont évacué le Centre ce soir. Reste le grand nettoyage à faire demain.
Quelques volontaires chargés du recensement des réfugiés. Depuis jeudi, ce sont plus de 10.000 réfugiés qui sont arrivés à Bétou. Ils seront bientôt aussi nombreux que la population de la ville.
Demain matin les "1ère année" ont cours de maraichage. Ils planteront les plantes culinaires, salades, concombres et ciboulette. Les "2ème année" étaient 24 lundi pour la rentrée, ils étaient à peine plus nombreux aujourd'hui, quant à demain ? Mes cours de Français se passent bien, malgré les 60 élèves présents dans la salle. Dans deux semaines ils ne seront pas plus de 25 par section ce qui me permettra de travailler plus efficacement avec eux.
PS : Bon anniversaire à ma soeur Jeanne.






lundi 2 novembre 2009

Camp de réfugiés

Depuis Jeudi, le Centre s'est transformé en véritable camp de réfugiés. A 15 heures, les premiers bruits ont circulés comme quoi des blessés étaient arrivés à l'hôpital. En arrivant au Centre, j'apprends que des violences ont eu lieu de l'autre côté de l'Oubangui, plusieurs personnes ont été tuées et maintenant les populations fuient en pirogue et traversent la rivière. Ils arrivent par centaines. Rapidement le secrétaire général de Bétou, en l'absence du Sous-Préfet, décide d'installer une partie des réfugiés au Centre d'Apprentissage, sans demander l'accord à qui que ce soit, sans penser à utiliser en premier lieu les structures publiques.
Ce qui devait être une situation provisoire, commence à devenir gênant. Les réfugiés s'installent encore, toujours plus nombreux, profitant de la nuit pour décharger tout ce qu'ils ont pu emporter. Ils sont plus d'une centaine à dormir dans les salles de cours, la salle de jeu et à s'étendre sur les parterres de fleurs. Ils dégradent le matériel et salissent les commodités. Les plantes servent aux plus jeunes à tester leur art du baton et les papayes attirent plus que les regards des affamés.
Sur la seule journée de dimanche, plus de 800 réfugiés sont passés par le centre. Aujourd'hui le relogement s'est poursuivi et ce soir, ils ne sont plus qu'une cinquantaine à dormir encore ici. Demain la journée sera consacrée au nettoyage. Dure rentrée pour les "deuxième année".

mercredi 28 octobre 2009

Saison des pluies : nuit ordinaire

Hier matin, crevaison. J’ai fait réparer chez Shaolin. J’ai payé les 750 francs. Réparation coûtant habituellement 1000 francs selon les dires.

Hier soir, le ciel était éclairé de mille éclairs lointains avec un beau croissant de lune. Un peu plus tard le vent s’est mis à souffler très fortement, à pousser les portes et les volets, entrainant des fines particules de poussières, des insectes et des végétaux en tous genres. Enfin quelques gouttes ont commencé à frapper la tôle qui me sert de toit, là-haut, bien au dessus de mon lit. Les quelques gouttes sont devenues multitude et le bruit s’est amplifié. Toute la nuit, incessant, le tapage de la pluie a continué, m’empêchant de trouver le repos. Au matin, encore, le bruit s’est propagé jusqu’à mes oreilles, rendant mon téléphone-réveil inaudible. Heureusement la lueur du jour, à travers les volets, a filtré. A mon rendez-vous de huit heures, j’étais en pleine forme, heureux de commencer une nouvelle journée. Rencontre avec le chef du personnel de la société.

Cette semaine j’organise la rentrée et les emplois du temps des « 2ème Année » qui rentrent lundi. Pour les « 1ère Année » la remise à niveau continue. Dès le 16 novembre commenceront les tests qui permettront de définir dans quelle section chacun pourra s’inscrire définitivement. Le formateur en menuiserie devrait revenir avec le père Lucien et compléter ainsi l’équipe de formation. Seul la formation en agro-pastorale pose encore quelques difficultés. Tout le reste n’est qu’affaire de discussions.

lundi 26 octobre 2009

Bétou, Dimanche 25 octobre 2009

Le père Lucien revient ce soir après une semaine de déplacement à Enyelle, puis à Impfondo. Je n’aurai pas beaucoup de temps pour discuter avec lui, car il repart dès demain matin pour le Cameroun, via Pokola, pour récupérer le tout nouveau véhicule destiné à la paroisse. Lorsqu’il sera là, nous pourrons être un peu plus mobiles dans les villages alentours.
Depuis une semaine, je continue à donner mes cours de français. J’ai maintenant une soixantaine d’apprenants dans ma classe : pas évident de faire participer tout le monde. J’ai passé des heures à corriger le premier devoir écrit que je leur ai demandé. A partir de demain nous étudions un nouveau texte, il s’agit des conseils d’un vieil artisan menuisier-sculpteur. J’espère que cela en motivera certains à choisir cette section. Le Centre d’Apprentissage Catholique Likouala Timber de Bétou, du nom de l’entreprise d’exploitation forestière qui le finance, forme des apprentis dans six sections. Menuiserie-Sculpture, Electricité industrielle, Mécanique automobile, Soudure-Plomberie, Agro-pastorale, Habillement-Couture et Hôtellerie-Restauration. Les apprentis étudient deux ans pour obtenir leur CAP. L’école est suffisamment réputée pour que des jeunes viennent de toute la préfecture de la Likouala, depuis la RCA et la RDC voisines et même depuis Brazzaville et Kinshasa. Les apprentis ont théoriquement entre 15 et 30 ans, mais comme tout le monde ment sur son âge, je dirais que la fourchette s’étend davantage entre 13 et 38 ans. La moyenne se situant aux alentours de 22 ans. Beaucoup souhaitent apprendre la mécanique, car ils aimeraient devenir chauffeur-mécanicien. Mais les places sont limitées et nous procéderons à des tests dans quelques semaines pour que chacun puisse choisir sa section définitive.
Aujourd’hui un nouvel arrivant à pris ses quartiers à la paroisse. Il s’appelle Yves. Il vient de finir le Lycée Technique à Brazzaville et sera le nouveau professeur de Mécanique. Il est en stage ici à Bétou pendant un an car il souhaite entrer au séminaire.
Quant au père Célestin, ce week-end il a participé à un pèlerinage fluvial. Avec une vingtaine de femmes d’une congrégation présente à Bétou il a embarqué sur une pirogue dont le moteur est arrivé la veille au soir avec le carburant. Heureusement pour lui la météo a été très clémente.

dimanche 18 octobre 2009

Promenades

Samedi matin, je décide de faire le tour de Bétou, à pied. Je dépasse Likouala Timber et entre dans le quartier Ca-Mètre, puis ONAF. Les maisons se succèdent avec leurs arbres fruitiers : les manguiers, bananiers, avocatiers, goyaviers, orangers aux oranges vertes… les poules et les moutons sont nombreux à traverser la route. Je bifurque sur la droite en direction de la rivière et laisse la route qui monte à Bangui (RCA) au nord et à Douala (Cameroun) à l’ouest. C’est le quartier Yendé. En revenant, je traverse l’un des ports où l’on charge les planches sur les barges pour Bangui ou Brazzaville. La majeure partie de la production forestière part pour les Etats-Unis et l’Europe. Je retourne ensuite à la paroisse, avec les quartiers Camp Romain et Mounzombo. Je croise Alexis qui me propose un tour à vélo jusqu’à Wongo 2. Arrivé sur place, je rencontre le chef du village, Ernesse, ainsi que l’animateur, Emery, de l’école pour enfants autochtones. Il accueille actuellement 80 élèves et 11 de plus viennent de s’inscrire. Les Bantous n’ont pas encore fait leur rentrée par manque de place. L’école est toute récente, faite de planches et de tôles, les tables-bancs proviennent du centre d’apprentissage. Le terrain vient d’être acheté, le maïs pousse encore dessus. Dans le fond du terrain, à côté de la cabane qui sert de maison pour Emery, sa femme et ses deux enfants, on a aménagé un potager et l’on creuse le premier puits du village. A 4 mètres on trouve l’eau. Jusqu’à maintenant les habitants du village vivent de l’eau de la forêt. De retour à Bétou, après 18 kilomètres de vélo, j’ai les jambes fatiguées et des coups de soleil aux avant-bras. Je m’accorde une bonne sieste de 2 heures.

jeudi 15 octobre 2009

Bonnes nouvelles

Depuis quelques jours il s'est arrêté de pleuvoir, les routes sont moins boueuses et je n'ai plus d'inquiétudes à faire le trajet de nuit à vélo depuis le centre jusqu'à la paroisse.
Ce matin la police a retrouvé les machines à coudre dans un bateau à destination de RDC. Le voleur court toujours et la police réclame 20000 francs pour les frais d'enquête.
Depuis deux heures je bénéficie enfin de ma connexion internet privée. J'ai passé une semaine au téléphone avec les services clients et techniques de Zain, principal opérateur du pays et seul opérateur présent à Bétou.

Mardi 13 octobre 2009

Cette nuit le Centre d’Apprentissage a été cambriolé. On nous a volé quatre machines à coudre qui servaient pour les cours de couture, de la viande du restaurant, un thermos et des cahiers. C’est vraiment frustrant de voir tous les efforts fournis pour faire vivre ce Centre et de voir ces faits se produire. Nous réfléchissons maintenant à la façon de dépenser l’argent du Centre pour améliorer la sécurité.

Lundi 12 octobre 2009

Après l’orage d’hier soir, il a plu une bonne partie de la nuit. Ce matin les chemins sont boueux, il est difficile de se déplacer. La classe compte déjà dix apprenants de plus. Les jeunes s’entassent à trois par pupitre. Je ne sais pas comment les autres s’installeront lorsqu’ils arriveront.

Dimanche, à la messe en français, le père Célestin a tenu à ce que je me présente. Il m’a dit que les nouvelles têtes étaient vite repérées à Bétou. J’ai retrouvé M. le sous-préfet de Bétou et Paulo, le directeur de Likouala Timber, qui finance en partie le Centre d’Apprentissage.

Monsieur MBETO, fondateur du village de Bétou.

Bétou, Vendredi 9 octobre 2009

Je suis coordonnateur et professeur de Français au Centre d’Apprentissage Catholique Likouala Timber de Bétou.

Une photo de mon bureau.

La vue depuis la fenêtre de mon bureau.
Ma classe compte actuellement 31 apprenants, mais c’est le début d’année, les choses seront plus stables dans un mois. Leur nombre devrait doubler. Je suis enfin au travail ! J’ai un bureau que je partage avec Patricia, responsable de la section Couture, qui connait bien la gestion administrative du Centre. Il y a aussi Solo, responsable de la section Hôtellerie-Restauration. Le père Lucien s’occupe de la direction du Centre et assure les cours de Projet, assisté par l’abbé Célestin qui assure les cours de Déontologie. Nous avons également des cours de Mathématiques et de Sport. Quelqu’un s’occupe de tout ce qui a trait à la Discipline, notamment les retards et les absences.

Mercredi 7 octobre 2009

6h15. Un café et un morceau de pain dans l’estomac. Sac de voyage cadenassé. Je suis prêt à partir pour Bétou.
10h00. Le véhicule arrive enfin. Un 4X4 Mitsubishi bleu. Nous chargeons. J’ai la chance de voyager à l’intérieur. Les autres passagers prennent place à l’arrière.Nous empruntons la route goudronnée en direction du nord. Au début elle est en piteux état. Le goudron fait des vagues, les trous sont emplis d’eau. Puis c’est l’allure de croisière ; nous filons à 90 km/h sur une route plutôt rectiligne, envahie des deux côtés par la végétation. Impossible pour deux véhicules de se croiser. Les piétons se protègent dans les fourrés à l’approche du 4X4 dont le chauffeur klaxonne pour prévenir.
11h00. Nous arrivons à Dongou. Le percepteur, à qui appartient la voiture, fait sa tournée. Il remet les salaires aux fonctionnaires tout le long de la route, jusqu’à Bétou. Lorsque nous quittons Dongou, nous roulons à plus faible allure, car c’est la fin du goudron et le début de la piste. Très vite nous nous retrouvons embourbés. Heureusement nous nous dégageons facilement. Et dire qu’il ne pleut pas encore…Nous passons une première fois le bac, puis une deuxième fois. Des chantiers ont bien été entamés il y a quelques années pour construire des ponts et franchir les rivières. Mais tous les véhicules semblent abandonnés, beaucoup sont sur cales et commencent à rouiller. Je doute que les ponts soient un jour construits. La piste est en mauvais état. Tous les 100 mètres nous passons les roues dans un trou d’eau. Parfois au risque de se retrouver bloqués. Plusieurs fois le pare-brise se retrouve couvert de boue.15h00. Après un détour dans un village pour le percepteur, nous rejoignons la piste. C’est la pluie qui commence. Je suis heureux de ne pas être à l’arrière et d’être bien protégé dans l’habitacle. Soudain je pense à ma valise et à son étanchéité très relative. J’espère n’avoir rien mis dedans qui craigne l’humidité.
17h00. Il pleut tant que je ne sais plus si nous empruntons la piste ou si nous remontons le cours d’un ruisseau. Nous venons de déposer le dernier passager avant Bétou. Il me dit que nous devrions arriver avant 19h00. L’eau creuse le sol. Par endroits les rigoles mesurent un mètre de profondeur. Le sol est tantôt sable, tantôt argile. Et rouler sur l’argile détrempée, c’est comme rouler sur de la glace. La voiture patine en permanence, zigzague d’un côté à l’autre de la piste. Nous finissons une fois notre trajectoire dans le fossé, peu profond heureusement.
18h30. Il fait nuit maintenant. Les pleins phares éclairent à peine la piste. On ne voit pas à 30 mètres. Le chauffeur passe son temps à essuyer le pare-brise avec un vieux chiffon. Il pleut toujours, mais plus calmement. Je me demande dans quel état je vais retrouver mes affaires. Tout le long de la piste, des habitations en bois et terre abritent des populations qui vivent de la forêt. Ce sont très souvent des pygmées qui vivent de culture et de chasse. Dans la nuit je ne vois plus que la lueur du feu à l’intérieur de leur « maison ». Certains se déplacent encore malgré l’heure tardive avec une lampe à la main.
20h00. J’aperçois de la lumière au loin. Le ciel semble éclairé. Les trois derniers kilomètres sont une vraie patinoire. La piste est beaucoup plus large, peut-être dix mètres. Nous passons d’un côté à l’autre, en patinant. La lumière surgit comme un phare droit devant. C’est l’entreprise forestière italienne Likouala Timber. Grâce à l’entreprise il y a l’électricité dans la ville, les planches sont bon marché et permettent la construction de maisons en bois avec des palissades. Tout cela donne à Bétou une allure de village du Far West. Dans la nuit une lampe de poche est allumée : c’est le père Lucien Favre. Je suis enfin arrivé après dix heures de route. Je suis fatigué, la discussion ne se prolonge pas. Nous avons tout le temps de faire connaissance.