vendredi 27 novembre 2009

Semaine studieuse

Cette semaine a vu l’arrivée des camions du PAM (Programme Alimentaire Mondial) pour la distribution de vivres et de fournitures de base pour survivre ici, telles que des couvertures et des marmites. Deux réunions de la Croix Rouge se sont tenues au Centre. Alexis, notre surveillant général a été élu Président de la section locale. Pour ma part, j’ai passé la semaine à corriger, modifier et améliorer les emplois du temps, sachant que l’on manque encore de formateurs. Je me suis rendu compte qu’un seul formateur en mécanique automobile ce n’est pas suffisant. Heureusement il est prévu d’employer un chauffeur-mécanicien qui pourra enseigner également.
Demain mon équipe de football jouera son premier match de championnat. Nous n’avons pas encore de gardien et nous rencontrons l’équipe la plus forte sur le papier. Je souhaite surtout que l’on évite les blessures.

samedi 21 novembre 2009

Construction du garage

D'abord une petite pensée pour celles et ceux qui se sont réunis vendredi soir à l'église de Bussy st Georges pour une veillée de prière Taizé. Mes prières les accompagnent. J'espère que beaucoup de jeunes feront le déplacement à Poznan le 29 décembre.


Voici maintenant comment nous avons construit un garage en quelques heures de travail.

1 - Prendre le 4X4 et aller dans la forêt : c'est la première fois que je conduis un véhicule de ce type, c'est assez agréable. Ici pas d'autre véhicule possible ! 2 - Négocier la paille à un tarif abordable et l'installer sur le toit du véhicule. J'ai du faire deux allers-retours, soit 80 kilomètres en tout.

3 - Monter la structure de base, la charpente avec les chevrons, les lattes et les pointes fournis par la société, avec quelques apprentis et un chef de chantier qui ne traîne pas à récupérer tous les restes et même un peu plus.

4 - Monter la paille et la fixer solidement pour ne pas qu'elle s'envole au premier coup de vent.
Dans les prochains jours, le formateur en menuiserie renforcera la charpente et montrera à ses apprentis comment décorer joliment la structure.
Les jeunes ont passé les tests. 82 présents sur 90 inscrits. Moyenne générale 9,72 : peut mieux faire. Il n'y a pas trop de déçus. La majorité a choisi la section de son choix. La première place revient à Stéphanie, une jeune fille qui a envie d'apprendre la mécanique automobile, car elle considère que ce n'est pas un métier réservé aux hommes.

jeudi 19 novembre 2009

Visite ministérielle

Dimanche il a tellement plu qu’une messe seulement a été célébrée à 10h30, ma première messe en Lingala. Nous étions peu nombreux, les paroissiens ne se déplacent pas sous la pluie. Les habitants de Bétou sont peu habitués à des pluies qui durent si longtemps.
Je suis devenu Président du club de football des flèches noires. Mon équipe comprend 23 joueurs, tous motivés pour remporter le championnat de la Sous-ligue de Bétou. J’ai été officiellement invité à la cérémonie d’ouverture du championnat, mais elle a été reportée pour cause de terrain non-praticable à mardi, pendant les tests au Centre d’Apprentissage. Je ne peux donc pas m’y rendre.
Ce jour-là, un ministre de RDC est arrivé en hélicoptère - un appareil des Nations Unis avec quelques casques bleus à bord - il s’agissait d’une visite éclair de l’hôpital, avec don de trois cartons de médicaments et visite des réfugiés. Le père Lucien est revenu de Douala, au Cameroun, avec le nouveau véhicule. Il est arrivé dans la nuit avec 6 cochons et beaucoup de matériel pour tout le monde. Dans l’après-midi, nous avons fait le déplacement sur l’axe Nord, en passant par l’école Wongo 1 et jusqu’à Ebalabala. Pas évident de circuler sur la piste quand le dernier véhicule est passé il y a plus de deux mois ; c’était déjà le père Lucien. Nous avons passé plusieurs arbres couchés en travers de la piste. Nous avons distribué les craies et les ardoises, regardé l’avancée des constructions des écoles pour les enfants autochtones. Chaque école accueille une centaine d’enfants et il n’y a qu’un animateur à chaque fois.

lundi 16 novembre 2009

Maraîchage

Bétou, Mercredi 11 novembre 2009

Aujourd’hui au Congo, il s’agit d’un jour de travail comme un autre. Lundi j’ai regardé à la télévision les cérémonies pour les vingt ans de la chute du Mur de Berlin. Je me rend compte que les habitants de Bétou ne sont pas très concernés. Côté travail, beaucoup de « deuxième année » sont encore en vacances à Brazzaville ou ailleurs. Les apprentis reprennent le chemin du centre petit à petit. Côté « première année », les cours de mathématiques, de français et de déontologie professionnelle se poursuivent. Le mercredi c’est le jour du maraîchage : tout le monde travaille au potager.

Emplois du temps

Bétou, Dimanche 8 novembre 2009

Samedi après avoir établi la liste des admis en deuxième année, j’ai passé l’après-midi à concevoir les emplois du temps des « première année ». Il y aura sans doute des améliorations à apporter. Pas évident de tenir compte du manque de formateurs, du nombre de sections et de la disponibilité des salles. Le chef du personnel a rappelé l’importance que la société accorde à ce centre lors de la réunion de vendredi. J’ai passé la semaine à faire des allers-retours à Likouala Timber pour en discuter.
Cette semaine j’ai découvert le caïman, avec sa sauce et accompagné de frou-frou, la pâte alimentaire locale qui remplace souvent le manioc dans les assiettes. Quotidiennement j’entend le poulet qui succombe sous les coups de hachoir, non sans protester. Ici tout est naturel, on sait ce que l’on a dans son assiette.
Il semble que le père Lucien et le père Guy partis à Douala aient enfin récupéré leurs véhicules. Ils devraient mettre une semaine à venir jusqu’à Bétou s’il ne pleut pas trop et devraient apporter avec eux le four avec plaques électriques commandé par M. Solo et le ballon de football réclamé par M. Alexis pour le sport.

mardi 3 novembre 2009

Evacuation

Les dernières familles ont évacué le Centre ce soir. Reste le grand nettoyage à faire demain.
Quelques volontaires chargés du recensement des réfugiés. Depuis jeudi, ce sont plus de 10.000 réfugiés qui sont arrivés à Bétou. Ils seront bientôt aussi nombreux que la population de la ville.
Demain matin les "1ère année" ont cours de maraichage. Ils planteront les plantes culinaires, salades, concombres et ciboulette. Les "2ème année" étaient 24 lundi pour la rentrée, ils étaient à peine plus nombreux aujourd'hui, quant à demain ? Mes cours de Français se passent bien, malgré les 60 élèves présents dans la salle. Dans deux semaines ils ne seront pas plus de 25 par section ce qui me permettra de travailler plus efficacement avec eux.
PS : Bon anniversaire à ma soeur Jeanne.






lundi 2 novembre 2009

Camp de réfugiés

Depuis Jeudi, le Centre s'est transformé en véritable camp de réfugiés. A 15 heures, les premiers bruits ont circulés comme quoi des blessés étaient arrivés à l'hôpital. En arrivant au Centre, j'apprends que des violences ont eu lieu de l'autre côté de l'Oubangui, plusieurs personnes ont été tuées et maintenant les populations fuient en pirogue et traversent la rivière. Ils arrivent par centaines. Rapidement le secrétaire général de Bétou, en l'absence du Sous-Préfet, décide d'installer une partie des réfugiés au Centre d'Apprentissage, sans demander l'accord à qui que ce soit, sans penser à utiliser en premier lieu les structures publiques.
Ce qui devait être une situation provisoire, commence à devenir gênant. Les réfugiés s'installent encore, toujours plus nombreux, profitant de la nuit pour décharger tout ce qu'ils ont pu emporter. Ils sont plus d'une centaine à dormir dans les salles de cours, la salle de jeu et à s'étendre sur les parterres de fleurs. Ils dégradent le matériel et salissent les commodités. Les plantes servent aux plus jeunes à tester leur art du baton et les papayes attirent plus que les regards des affamés.
Sur la seule journée de dimanche, plus de 800 réfugiés sont passés par le centre. Aujourd'hui le relogement s'est poursuivi et ce soir, ils ne sont plus qu'une cinquantaine à dormir encore ici. Demain la journée sera consacrée au nettoyage. Dure rentrée pour les "deuxième année".