mercredi 18 août 2010

Brazzaville 15.08

Cette année, le 15 août, c'est le cinquantenaire de l'indépendance du Congo. Le soir, des feux d'artifices sont tirés à grands frais. Les routes du centre-ville sont bouclées. La cérémonie commence. Des chefs d'État sont invités, des personnalités sont décorées par le président, le défilé commence. Des troupes étrangères défilent - même les Français. Le grand défilé militaire est observé par la population de la capitale, massée sur les trottoirs. Défilé des troupes à pieds, à moto, en hélicoptères et en avion. Défilé des associations en tous genres. C'est une réussite, reste au Gabon à faire mieux le 17 août.

En route pour Brazza 09.08

Je suis sur la route. J'ai bouclé mon bagage, j'ai dit au-revoir aux personnes présentes et j'ai pris place à l'intérieur du Landcruiser. Pendant le voyage, nous profitons de la musique que j'ai copiée sur une clé USB. Nous sommes passés à Mokabi, Lopola et avons dormi à l'auberge à Ikpenja. Le lendemain nous sommes arrivés à Pokola pour le déjeuné à la paroisse et avons pris le bac de la CIB pour traverser la Sangha. Arrivés à Ouesso, nous dormons à l'évêché où Mgr Yves-Marie Monot nous accueille chaleureusement. Ici, c'est la petite saison sèche.
Dîner, puis petit déjeuner. Au mur, la carte du Congo, comme à Impfondo, où je retrace notre périple. En partant, nous accompagnons un jeune qui travaille au séminaire à la promotion du travail agricole et d'élevage. Il nous montre un petit documentaire qui manque de rythme.
Les Chinois travaillent dur à la réalisation d'une route goudronnée entre Ouesso et Owando en passant par Makoua - ville proche de l'équateur où nous franchissons la rivière Likouala. Nous arrivons à Oyo, ville du président, avec ses élevages de boeufs et ses palmeraies chétives car la terre n'est pas propice à ce type de plantation. Nous y retrouvons un camp de vacances paroissial. Les jeunes sont en visite à Abo, village d'un ministre, avec son hôpital tenu par des soeurs et son seul patient, sa salle de cinéma, son night club et sa salle de conférence.

Impfondo 02.08

Arrivé il y a quelques jours, au terme d'un peu plus de sept heures de voyage, couvrant ainsi la distance qui sépare Bétou de la préfecture de la Likouala, je continue d'aider le père Lucien comme je le peux : conduisant le véhicule à la station de lavage ou faisant le plein de gazole. Deux apprentis de la section hôtellerie-restauration feront leur stage estival dans le restaurant "le Touriste" du Directeur Départemental du Tourisme.
Après la pluie de ce matin, j'ai retrouvé Yves - le formateur en Soudure-Plomberie - qui a profité de l'occasion pour retrouver Impfondo ; nous faisons une promenade vers le marché et discutons de nos projets respectifs pour l'année à venir - à la rentrée il commence le séminaire. Durant la marche, nous passons devant les bâtiments administratifs et le marché, bien plus fourni que celui de Bétou et aux prix plus abordables. Sur la route goudronnée, je dois faire plus attention : il y a de la circulation. Toujours les mêmes véhicules des diverses ONG, mais aussi quelques motos, des taxis, ainsi que des minibus qui assurent les transports. Il faut dire que Impfondo est une grande ville par rapport à Bétou, grâce notamment à son aéroport, son port sur l'Oubangui et sa route goudronnée qui relie Epéna au Sud-Ouest et Dongou au Nord.
Je partage mes repas avec le père Lucien, le père Guy, Macha - un jeune stagiaire - et monseigneur Jean Gardin qui rentre de congé. Au menu, préparé par Adrien, le riz, les haricots rouges ou verts, le poisson et parfois les spaghetti et le boeuf. En dessert nous trouvons toujours la banane ou l'ananas, mais aussi les "safous" dont je ne raffole pas beaucoup.
Ce soir le ciel menace encore, le tonnerre gronde, ce qui n'augure rien de bon pour le trajet retour sur Bétou. S'il pleut, la liaison est très difficilement réalisable malgré le 4X4 équipé de bonnes roues.

Bétou 29.07

Le bruit de fond est incessant et monotone. Les gouttes de pluie, une à une, viennent frapper la tôle, des heures durant. Depuis quelques semaines, les pluies se prolongent, le niveau du fleuve monte et la vie à Bétou est calme. L'année scolaire est terminée, plus de chants d'enfants le matin à l'école catholique, plus de cris d'adolescents qui courent après le ballon, même les répétitions des chorales se font plus discrètes, car nombreux sont les choristes qui ont voyagé. Je quitte la paroisse pour rejoindre le centre. Je fais bien attention où je pose mes pieds, entre les flaques, les herbes - qui parfois cachent des serpents - et les étendues où la boue et l'argile se mêlent. Il y en a partout, de cette terre collante, dans les moindres recoins des cadres de vélo, aux extrémités de mon pantalon, plusieurs centimètres d'épaisseur sous mes semelles que je balaierai dans quelques jours sous forme de poussière dans ma chambre.
Par la fenêtre, derrière le rideau de pluie, sous ce ciel gris, j'observe cette église où j'ai prié pendant dix mois. Lors de ma dernière messe à Bétou, le prêtre venu de Montréal m'a salué en tant que "minorité visible". J'espère avoir apporté à cette communauté un peu plus que la seule présence d'un blanc. Constamment observé, chaque étranger se doit d'être exemplaire : qu'il le veuille ou non il porte la responsabilité de représenter son pays, sa religion. Je n'ai pas failli à cette mission et j'en suis satisfait. Attentif et à l'écoute des maux de toutes sortes de personnes rencontrées ici, je me prépare à renouer avec mes proches, mes amis, restés en France. Si j'ai manqué des baptêmes, des mariages et des fêtes en tous genres, j'étais présent de tout coeur en pensée et en prière. Le retour, "c'est un autre départ" : alors en route !

mardi 13 juillet 2010

Examen du CAP

Après quatre jours d’un travail très intense, tant pour les apprentis que pour les examinateurs, les résultats sont tombés. Sur 44 apprentis présentés à l’examen, 40 ont réussi et 4 ont échoué, soit un taux de réussite de 91 %. Pour ceux de première année, sur 100 inscrits, 60 ont trouvé la volonté de poursuivre jusqu’à la fin de l’année. 45 sont acceptés en deuxième année, soit 45 % de réussite. Plusieurs personnes, depuis quelques mois, me félicitent pour le travail effectué et sont fiers de voir un centre d’apprentissage fonctionner à Bétou. Il ne me reste que quelques semaines pour établir un plan de fonctionnement pour l’an prochain qui tienne compte des difficultés rencontrées cette année. Le centre continuera sans moi et j’espère qu’il continuera bien.

lundi 5 juillet 2010

Retour au pays

Pour ceux qui me voyaient déjà en perpétuelles vacances à Kribi, au Cameroun, je les rassure : je suis rentré au Congo. J’ai quitté Kribi le dimanche 16 mai pour rejoindre Douala. Le mardi 18, à 16h, le véhicule que nous attendions a quitté la douane. Le temps de charger les bagages et les nombreux achats effectués la semaine précédente, d’installer les autocollants de la paroisse d’Enyelle sur les portières, nous avons quitté Douala à la nuit tombée. Nous avons passé Yaoundé à minuit, entre deux fermetures de route pour cause de répétitions des festivités du cinquantenaire de l’indépendance camerounaise. Plus loin, à Ayos, nous avons dormi quelques heures sur un parking avant de reprendre la route. Nous franchissons finalement la frontière le 21 à l’aube. Après toute une journée sur la route et une partie de la nuit, c’est à 21h que je laissais le volant à l’Abbé Roger pour qu’il poursuive jusqu’à sa paroisse. Avec le père Lucien, nous roulions alors vers Bétou. En trois jours et demi, j’ai roulé plus de 1800 kms sur goudron et sur pistes avec, toujours, la crainte de rester embourbé ou de ne pas voir un trou.

Heureusement le week-end m’a permis de me reposer de cet épuisant trajet. Mais le répit était de courte durée, car déjà le mois de juin pointait son nez et, avec lui, les examens de fin d’année. Entre les visites des écoles, des réfugiés et ORA, la visite de madame la ministre de l’éducation primaire, secondaire et de l’alphabétisation, la journée mondiale du réfugié et la marche courante du centre d’apprentissage, je n’ai plus eu une heure pour moi. Le temps a filé à une vitesse ! Avec la coupe du monde, nous avons une vraie effervescence au centre les jours de match : les téléspectateurs payent un droit d’entrée de 50F. Les matchs de l’Afrique ont été suivis par une centaine de personnes en moyenne, qui se sont massées devant le petit écran.

Enfin, ces derniers jours, je suis en attente de la venue de l’expert qui vient valider les épreuves du CAP. J’irai peut-être le chercher à Impfondo mercredi. Pour que les examens puissent se dérouler entre jeudi et samedi. Il me restera ensuite le mois de juillet pour préparer la prochaine rentrée scolaire. Je bouclerai alors ma valise au mois d’août ; mon retour à Paris est prévu pour le 20 août. Je devrai donc être présent à Brazzaville le 15 août pour les festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Congo.

lundi 17 mai 2010

Vacances à Kribi

Pour le week-end prolongé de l’ascension, nous sommes partis à Kribi, sur la côte atlantique. Après les deux premiers jours un peu gris, ce samedi nous procure un temps idéal pour la baignade. Nous sommes à « La Belle Mer », la plage est à quelques mètres seulement de notre chambre et le bruit des vagues nous berce la nuit. L’emploi du temps est réduit à son strict minimum : baignade, repas, sieste. L’eau est chaude, les vagues s’échouent inlassablement sur le sable fin, le temps s’écoule lentement sur cette plage camerounaise. Les poissons sont délicieux et le coucher de soleil splendide. Ce sont des jours heureux où je me prélasse. Nous visitons les chutes de la Lobé, spectacle unique au monde. Le soir nous dégustons des brochettes de viande et assistons au concert d’un artiste camerounais : Petit Pays.

jeudi 6 mai 2010

Voyage au Cameroun

Je suis arrivé cette nuit à Douala, au terme de quatre jours de route sur des pistes plus ou moins praticables et sur une route au goudron parfait. Nous sommes partis dimanche matin, à 10h, après la messe, le père Lucien et moi. Nous avons rejoint le père Roger à Enyellé, car c’est pour récupérer un véhicule pour les sœurs de sa paroisse que nous faisons le déplacement, ainsi que pour s’assurer du bon acheminement d’un container de matériel pour Mgr Gardin à Impfondo. Après une journée de route, nous avons été hébergés à Mokabi. Le lendemain, nous sommes passés à Pokola, nous avons ensuite passé la frontière du Cameroun en franchissant la Sangha sur un bac à Socambo et avons passé la nuit dans une auberge très modeste à la barrière du PK27. A 6h, nous franchissons la barrière, en route pour Yokadouma. En chemin, nous discutons avec un oblat polonais, avec un chef de chantier suisse, une laïque italienne qui s’occupe aussi des écoles ORA et un prêtre polonais. Volontairement, nous choisissons de ne pas suivre la route centrale vers Abong Mbang et empruntons la piste vers Lomié. La pluie et le vent ont vite contrarié nos plans : à une vitesse de 20 km/h, nous avançons péniblement sur la piste glissante et vallonnée. Après 120 km, c’est le demi-tour obligatoire à cause d’un arbre dont le diamètre est trop important pour notre petite tronçonneuse. Nous passons la nuit dans une petite auberge à GVI, nom de la société forestière implantée à cet endroit. Enfin, en prenant la piste de la société vers le nord, nous rejoignons Mbang, puis Abong Mbang où le père Georges-Henri nous invite à déjeuner. Après le repas nous parcourons encore les 470 kms restants pour rejoindre Douala, en passant par Yaoundé. Cette route goudronnée, bien entretenue, est meurtrière. En quelques heures, nous avons été témoins de quatre accidents récents. La majorité des cas impliquant des camions. Les grumiers en provenance de toute l’Afrique centrale, les citernes approvisionnant les diverses stations du pays et les sociétés forestières et les transporteurs d’éléments de pipeline à destination du Tchad occupent la route, pendant que les 4X4 flambants neufs roulent à très vive allure, frôlant les piétons et les motocyclistes inconscients qui circulent le long de la chaussée. En bref, je suis bien arrivé.

Construction d’une école ORA à Ngoundimba, au clair de lune.

Depuis la fin de la rencontre des coopérants de Centrafrique et mon retour laborieux de Bangui, j’ai été absorbé par le travail, mais aussi quelques à côtés distrayants. Organisation des compositions de fin de deuxième trimestre, réalisation et livraison de 110 tables-bancs financés par l’UNESCO au profit des écoles des « déplacés » de Bétou, réalisation de 100 tableaux supplémentaires financés par l’UNICEF à destination des écoles des « déplacés » dans le nord de la Likouala, fête d’anniversaire de M. Fidelis, matchs de football de l’équipe Ewawa (au bout de 15 minutes de jeu à 16h, sous un soleil écrasant, je suis déjà épuisé), visite des écoles ORA de Wongo et Wongo 2, accueil de séminaires de formation au centre d’apprentissage, construction d’un centre d’écoute à proximité du centre des malnutris et enfin construction d’une nouvelle école ORA à Ngoundimba. Pendant ce temps la société est à l’arrêt pour rupture d’approvisionnement en carburant, donc en électricité…

lundi 5 avril 2010

Retour à Bétou : toute une aventure !

Enfin revenu à la réalité de Bétou, je replonge dans les difficultés de l’éloignement.
J’ai d’abord passé une bonne semaine à Bangui, à la maison St Charles. Après quelques courses, rapidement effectuées dans les premiers jours, je me suis rendu au centre Jean XXIII pour la rencontre annuelle des coopérants de Centrafrique. En deux jours, nous avons abordé quatre thèmes : l’adéquation à la fiche de poste, le développement, la vie affective et la relation avec l’église. Pouvoir discuter avec d’autres coopérants m’a fait un bien énorme en rompant avec mon sentiment de solitude quotidien. Je me suis rendu compte de la chance qu’avaient certains coopérants de vivre ensemble et ainsi de partager immédiatement leurs expériences de la vie africaine et de leur travail. Ma chance à moi, c’est d’être un peu plus en contact avec la population locale.
Après la rencontre, j’ai attendu la première occasion de rentrer sur Bétou et les choses ont commencé à se compliquer. Repoussé à deux reprises, mon voyage a débuté samedi. Au rendez-vous dès 13 heures, il a fallu attendre 16 heures pour que l’on finisse de charger le véhicule et réaliser encore quelques courses de dernière minute. Nous arrivons au bac de Mongoumba à la nuit tombée et prenons tout de même le risque de traverser, à la lumière des phares des camions stationnés depuis deux jours. La fragilité de la rampe ne leur permet plus de tenter la traversée et ce sont donc des chauffeurs excédés que j’ai découvert. A Mongoumba, le poste frontière est fermé pour la nuit. Il n’y a plus de place à l’auberge : c’est dans la cabine du véhicule que je tente de passer la nuit, malgré un mal de dos qui a débuté le matin même. Le dimanche matin, nous reprenons la route. Arrivés à la douane, nous constatons la crevaison d’une roue. La roue de secours étant sous le chargement du véhicule, il a fallu tout sortir avant de tout remettre en place une fois le remplacement effectué. Après 18 kilomètres, nous atteignons le poste frontière. A ce moment, la roue que nous venons de changer se dégonfle bruyamment. Coincés, le chauffeur part avec le premier véhicule pour aller réparer la roue au village voisin. Sur place, peu à manger, pas d’eau réellement potable et le vent violent annonce déjà la pluie. Au bout de 4 heures, le chauffeur revient et répare le véhicule. Sur la piste humide, nous nous déplaçons plus lentement. J’espère qu’aucun arbre ne s’est mis en travers, car nous n’avons pas de tronçonneuse. Nous arrivons finalement à Bétou à 18 heures, le soleil vient de se coucher. Tout heureux d’être enfin de retour à Bétou, je passe la soirée avec Fidelis et Gabriel, les camerounais. J’arrive à la paroisse à minuit et constate que la serrure a été changée. Je frappe à la porte, personne ne répond. Je me demande même s’il y a quelqu’un. Je passe à nouveau la nuit dehors. Lundi 5 avril, 6 heures du matin, la porte s’ouvre, je suis enfin rentré. Je n’ai pas bu beaucoup, ni mangé depuis près de deux jours.

Vacances

Bangui, Vendredi 26 mars 2010

Depuis un moment, le silence s’était invité à la société forestière Likouala Timber de Bétou. D’abord, pendant une semaine, le manque de carburant a signé l’arrêt des machines et du chômage technique pour un certain nombre d’employés. Puis, au début de la semaine, c’est la grève qui a débuté. Revendication principale : paiement des salaires de janvier et de février. Reste à voir quelle sera la nouvelle politique de la société quand je rentrerai, si nouvelle il y a.
Vivent les vacances. Le centre d’apprentissage ne ferme pas complètement les portes. Certains continuent à travailler. L’inspecteur des sports, sous l’impulsion du ministre, lance officiellement les jeux de l’ONSSU de jeudi à samedi, sur le terrain du stade municipal. Au programme : vitesse, relais, dzango pour les filles et football pour les garçons. Patricia a entrainé des filles motivées toute la semaine, quant aux garçons ils se débrouillent seuls. Je laisse ma place vacante. Je suis en voyage à Bangui : en vacances. Daniel Marchand, mon chargé de mission suppléant, est venu me rendre visite à Bétou. Il a pu tranquillement apprécier le cadre de vie et de travail dans lequel j’évolue depuis bientôt six mois. J’ai profité de l’occasion pour l’accompagner en Centrafrique. Passant par Mbaïki, j’ai rencontré quatre autres coopérants avant de retrouver la maison St Charles à Bangui. Les 30 et 31 mars aura lieu la rencontre des coopérants de Centrafrique à laquelle j’ai été gentiment convié en tant que proche voisin. Dans l’attente, j’ai été chargé de faire quelques achats - Bangui étant considérée comme un supermarché pour les gens de Bétou. Je profite également de la douche et des repas un peu plus variés. J’ai ainsi mangé du museau, en laissant, un peu dégouté, un bout de mâchoire et quelques dents dans le fond de mon assiette, cependant le goût n’est pas mauvais. Aussi, profitant de mon temps libre, j’ai entamé la lecture d’un pavé de 1200 pages : Le Seigneur de Bombay, par Vikram Chandra.

vendredi 19 mars 2010

Une journée sur l’Oubangui

Résultat sportif : Espoir bat Flèche Noire par 3 buts à 0. Chose inhabituelle, le match suivant opposant les deux premiers du championnat, les matchs ont été placés sous surveillance militaire armée pour garantir la sécurité aux abords du stade municipal.Vendredi je suis parti avec le père Lucien et l’Inspecteur de l’enseignement primaire sur le fleuve à bord d’une pirogue à moteur. Couvert de crème solaire, j’ai cuit au soleil toute la journée. En demandant à l’inspecteur où nous nous rendions, il a répondu à Afrique du Sud. Je me suis dit que le trajet serait peut-être plus long que je ne le pensais. En réalité il s’agit du nom d’un petit village proche de Boyelle dans lequel nous avons distribué des kits scolaires, des tableaux et un ballon de foot tout neuf.Au retour, nous pensions arriver avant la nuit, mais à une heure de Bétou nous avons préféré nous arrêter avant la tempête et la laisser passer. Le vent a soufflé très fort sur Bétou, s’engouffrant par la fenêtre de mon bureau ouverte sous le coup des rafales, faisant s’envoler tous les papiers. La pluie est venue ensuite mouiller le tout. Heureusement, sur notre pirogue, nous n’avons pas été touchés. Nous sommes rentrés à la nuit, ne trouvant pas l’électricité. Il m’a fallu deux jours pour remettre en état mon bureau. Je n’ai rien perdu d’important.Découvertes culinaires : ces derniers jours j’ai mangé l’antilope, le porc-épic et l’iguane (ou varan du Nil), ainsi que des huitres. Samedi soir, nous avons apprécié une bonne fondue suisse. Ca change de l’habituel bouillon de poisson-manioc ou du poulet-banane plantain.

lundi 8 mars 2010

Courant

Voici trois semaines que je ne vous ai pas tenu au courant de mes activités. Le mois de février s’est achevé bien rapidement et voilà déjà une semaine du mois de mars qui s’est écoulée.
Après une grève des formateurs, leur retour au travail, de nombreuses discussions pour un matériel plus conséquent au centre d’apprentissage, les cours ont repris leur routine habituelle avec les éternels retards et absences prolongées. Nous avons enfin récupéré le véhicule permettant aux apprentis-mécaniciens d’effectuer leur pratique. J’ai renvoyé un élève pour vol, ainsi qu’une dizaine pour défaut de paiement des frais de scolarité. J’ai trouvé des places à la société pour le travail de nettoyage dominical à certains apprentis. D’autres ont travaillé à la réalisation de cent tableaux, payés par l’UNICEF à destination des écoles pour les déplacés. Bientôt un financement permettra la réalisation de cent dix tables-bancs pour les écoles ORA.
Vendredi dernier la société a procédé à des coupures de courant. Le générateur, en surchauffe, est mis à rude épreuve. Si jamais il lâche, nous n’aurons plus d’électricité tant à la société que pour la ville de Bétou. Un ventilateur souffle en permanence dessus. Malheureusement cette coupure a eu des conséquences inattendues. Le commissaire de l’immigration, profondément atteint par cette coupure brusque, a pris le temps de contrôler les papiers des salariés expatriés de la société. Résultat, deux formateurs camerounais du centre ont passé la journée en prison. Le premier, M. Gabriel, était un des arbitres du match. Le second, M. Fidelis, était le capitaine de mon équipe Flèche Noire. A une heure de la rencontre avec le premier du championnat, je perds mon capitaine. Score final six à zéro. C’était une défaite attendue, mais j’en garde un goût amer : nous aurions pu faire beaucoup mieux. La semaine dernière, nous avons battu l’équipe adverse trois à zéro. Nous atteignons donc la dernière place du classement, après la disqualification du précédent dernier.
Une nouvelle ONG a fait son apparition à Bétou : Acted. Les autres travaillent toujours autant. Cinq cents maisons sont en construction pour reloger les déplacés, mais beaucoup ont déjà quitté la ville car ils meurent de faim.
En cette journée internationale de la femme, la formatrice en couture a décidé qu’elle ne travaillerait pas aujourd’hui.

dimanche 14 février 2010

Bangui la coquette

Pascal, le frère du père Lucien, était en vacances pour deux semaines. Mardi nous sommes allés ensemble découvrir une rivière à bord de pirogues. Une fraîcheur confortable et des paysages fabuleusement différents nous ont accueillis.
Le soir nous avons partagé une raclette : formidable souvenir de Suisse. C’était l’occasion de discuter à nouveau des différences culturelles entre les pays occidentaux et les pays d’Afrique.
A la société, c’est une grève qui se prépare : les salariés souhaitent être payés. Depuis un mois certains n’accueillent plus les apprentis et n’assurent plus les cours. La situation est compliquée et je ne suis pas assuré, à l’opposé du père Lucien, qu’elle va s’arranger tout de suite.
Mercredi, nous prenons le véhicule, direction la République Centrafricaine. En effet le voyage est plus rapide pour rejoindre Paris, puis la Suisse, via l’aéroport de Bangui. Sur la route, ce sont les contrôles policiers et douaniers qui nous ralentissent, mais nous arrivons sans trop de difficultés jusqu’à la capitale. Nous logeons, le père Lucien, son frère et moi, à la maison St Charles. Le lendemain nous visitons Bangui la coquette, son commissariat, ses voleurs, ses policiers stricts sur le port de la ceinture de sécurité… Pas une seconde nous ne laissons le véhicule sans surveillance. Heureusement, une enquête a permis de retrouver une partie des effets dérobés dans le véhicule deux semaines plus tôt, lorsque le père était allé chercher son frère. Nous allons jusqu’à St Paul des rapides, mais je n’ai pas pris mon appareil photo. Le coucher de soleil sur l’Oubangui et les collines environnantes est magnifique et ne restera qu’un souvenir.
Vendredi nous effectuons quelques courses avant de retrouver le DAF, Directeur Administratif et Financier, de la société. Avec lui nous faisons le voyage retour jusqu’à Bétou en seulement 6 heures de route (dont une heure et demi de formalités diverses). Dans la voiture, un Suisse, un Camerounais, une Centrafricaine et un Français : quel mélange ! En notre absence, la pluie est fortement tombée. Nous entrons dans la petite saison des pluies. Après un mois et demi de chaleur sèche et étouffante, je respire enfin.
En cette St Valentin, je prie pour le bonheur de tous les amoureux.

dimanche 7 février 2010

Journée type

Il est 21heures - le soleil est couché depuis trois heures déjà -, je me mets au lit. Les bruits des scies et des troncs qui chutent, mêlés aux sons saturés du bar « chez Anicet », ponctués de chants de louange d’églises évangéliques très actives me parviennent aux oreilles pendant que je plonge dans des lectures distrayantes. Une heure plus tard, la sonnerie de fin du travail résonne, l’électricité est momentanément coupée et plonge la ville de Bétou dans un silence quasi parfait, trop court… Moins d’une minute s’écoule et le deuxième générateur est mis en route pour la nuit. La musique reprend et ne s’épuisera qu’aux environs de minuit. La chaleur est toujours présente, je me retourne déjà dans mes draps. Je sens encore une fois que la nuit sera courte. Heureusement la saison sèche s’est installée : les températures n’ont pas beaucoup varié, mais la pluie ne tombera pas, fracassante, sur le toit en tôle.
Le chant des coqs - si l’on peut appeler cela un chant - réveille la ville à cinq heures. Le soleil se lève doucement et redonne des couleurs au paysage. Les chants de prière - plus agréables ceux-là - accompagnent doucement mon réveil. Un demi-seau d’eau sur la tête en guise de toilette, un bol de chocolat chaud, un comprimé antipaludéen avec un mélange d’huile et de sucre - comment appeler autrement cette pâte à tartiner avec moins de 3% de cacao et de noisettes - sur un morceau de pain constituent mon petit déjeuner. Brossage de dents réglementaire : je viens de finir mon premier tube de dentifrice et j’entame le « Colgate » que j’ai acheté la veille chez les Mauritaniens. Je saute sur mon vélo - un VTT noir que beaucoup envient ici - et je rejoins le Centre d’Apprentissage pour une nouvelle journée de travail. A la routine des cours de français s’ajoutent la visite quasi-quotidienne de l’atelier, des formateurs et du directeur, les rendez-vous prévus ou imprévus avec toutes sortes de personnes qui ont toujours quelque chose à demander. Je reçois rarement de bonnes nouvelles. Un apprenti demande un congé pour enterrer son frère mordu par un serpent, un autre apprenti se rend à l’hôpital car il a reçu une clé sur la tête, les menuisiers ont encore fabriqué 5 cercueils aujourd’hui, quand ce ne sont pas des démissions, des absences prolongées, des frais de scolarité non réglés ou des problèmes de bagarres entre élèves. Parfois, au milieu de ce brouhaha de difficultés, un espoir se fait jour : nous fêtons le mariage de notre formateur en Hôtellerie-Restauration, une des couturière à mis au monde un beau bébé - au joli prénom de Françoise -, un ministre vient rendre visite à la ville et distribue du matériel et de l’argent, je déguste, au restaurant, un morceau de saucisson apporté de Suisse par le frère du père Lucien et Patricia retrouve le sourire en aménageant son nouveau salon.
Il y a quatre mois j’arrivai à Bétou, sous la pluie, après dix heures de route sur une piste boueuse. Aujourd’hui j’ai fait un peu le tour de la ville et je découvre encore chaque jour des choses surprenantes, je fais d’autres rencontres - comme avec cet anesthésiste de MSF qui me demande des livres sur les pygmées ou cet homme dont la femme vient de le quitter pour aller accoucher à Impfondo de son deuxième enfant, un garçon, et qui vient pleurer dans mon bureau, soulagé d’avoir trouvé une oreille attentive.
Dans les rues je suis toujours « le blanc », mais parfois, au détour d’une palissade, je suis accueilli par un grand sourire, par des « Bonjour monsieur François» ou « Bonjour Directeur ». Je suis un peu chez moi. Je vis ici. Il est difficile ici de se projeter au-delà des deux semaines à venir. Et pourtant, il faudra bien que je rentre un jour. Est-ce que j’aurai changé ? Bien plus et bien moins que je ne le crois. Je serai toujours François-Charles, la trentaine, quelques kilos de moins et une expérience de la vie africaine. Mais j’aurai surtout cette petite pensée dans mon cœur pour tous ces gens, ces jeunes, que je côtoie et qui continueront à vivre leur vie, ici, à Bétou, au bord de l’Oubangui. Je n’ai qu’un petit cœur, mais il est rempli de compassion et surtout d’amour.
J’en profite pour remercier ceux et celles qui me soutiennent dans cette aventure.

samedi 6 février 2010

Bétou, 4 mois

Déjà quatre mois que je suis arrivé à Bétou ! Notre équipe de foot n’est toujours pas performante : le dernier match s’est conclu sur un score de 5 buts à 2 et nous nous sommes payés le luxe de rater un penalty !
Cette semaine se sont déroulées les compositions de fin de premier trimestre avec un mois de retard. Je râle en permanence contre les élèves qui continuent à ne pas payer leurs frais de scolarité et contre ceux qui s’absentent trop souvent.
La chaleur est accablante et tout le monde s’en plaint. Le niveau du fleuve est descendu très vite. La nuit, la température ne descend pas en dessous de 27 °C. Difficile de se reposer convenablement dans ces conditions. Les journées sont longues, le travail pénible. Ces derniers jours, il s’agissait de convaincre les formateurs de la société de continuer la formation auprès des apprentis, de régler la deuxième histoire de vol à l’atelier depuis le début de l’année ou de réclamer l’argent nécessaire au fonctionnement du centre (en d’autres termes: nécessaire au paiement des salaires des professeurs).
J’ai accompagné les journalistes de la Raï pendant une journée sur leurs lieux de tournages avant qu’ils ne repartent pour Rome, via Bangui, puis Paris. Nous avons tous été invités chez Paolo pour partager des pizzas. J’étais le seul Français au milieu de sept Italiens !
Le père Lucien et son frère devraient rentrer lundi de leurs vacances. Nous devrions partir mercredi pour l’aéroport de Bangui. Il est prévu de faire quelques achats car les produits sont moins chers dans la capitale centrafricaine. Quelques jours de repos devraient me faire le plus grand bien : j’ai besoin de me changer les idées…

samedi 23 janvier 2010

Victoire

Résultats sportifs : Flèche Noire obtient sa première victoire, 1 - 0, face à une équipe nettement plus faible. Il reste encore deux matchs allers, d’ici la mi-février, puis nous entamerons les matchs retours. Mon objectif est de finir troisième du championnat ; ce dernier compte huit équipes. Cette semaine, une équipe de télévision de la Raï - chaîne italienne - est arrivée pour réaliser un reportage sur la société Likouala Timber. Ils sont là pour quinze jours et s’intéressent également aux activités sociales de l’entreprise : le Centre d’apprentissage, le Centre des malnutris, les écoles pour les pygmées ou encore l’hôpital feront l’objet de quelques images. Le Centre s’agrandit : le logement de Patricia, d’Hornella et Divine est trop petit. Les menuisiers s’activent pour construire une extension. Quelques jours devraient suffire.

mardi 12 janvier 2010

Thierry, le baliseur

De retour à Bétou après une semaine de vacances, je retrouve Thierry, capitaine du BOMASSA, un bateau-baliseur. Il passe deux jours amarré au pied du Centre d’Apprentissage et nous invite, le père Lucien et moi, à dîner à bord. Sa cabine, un véritable appartement avec cuisine, chambre, salle de bain et une salle à manger-salon où j’apprécie la climatisation. La télévision est allumée sur France 24 ou TV5 Monde tandis que nous prenons un apéritif. Thierry nous raconte sa malheureuse aventure : il a été arraisonné par des rebelles de RDC qui l’ont emmené auprès du chef de village, autoproclamé général. Sa vie a été menacée et sa cabine pillée. Les pirates improvisés étaient à la recherche d’armes, d’argent et de nourriture. Ils ont pris également les portables et l’alcool. Il nous apprend que dorénavant, pour franchir ces dizaines de kilomètres de rivière dangereux, il paye une escorte militaire qui n’a pas hésité à ouvrir le feu sur d’autres jeunes avides de violence, complètement drogués et galvanisés par leurs chefs. Les populations continuent de fuir cette région de l’équateur trop longtemps ignorée. A Bétou les ONG s’organisent pour accueillir ces populations : le PAM distribue des vivres par camions entiers venus de Bangui - ils ne comprennent pas le pillage qui a suivi la mort accidentelle d’un jeune enfant écrasé par l’un de leur camion, en réalité le chef du village a sauvé la vie du chauffeur en permettant aux villageois de se dédommager sur place - MDA poursuit son action et MSF a envoyé toute une équipe de « blancs », médecins et infirmiers, venus organiser les soins à l’hôpital de Bétou qui ne désemplit pas. A la société, on fabrique trois cercueils par semaine et beaucoup ont de petites dimensions. La malnutrition affaiblit et la maladie terrasse. Les noyades sont fréquentes.
Loin de ces considérations, mon travail au Centre d’Apprentissage a repris. Je donne 5 à 6 heures de cours de Français par semaine et continue à assumer les fonctions de directeur adjoint, coordinateur des emplois du temps et comptable du restaurant d’application. Le Centre des malnutris accueille environ 50 enfants. Les mères écoutent attentivement les conseils nutritionnels et d’hygiène prodigués par Mme Béatrice. En nettoyant le local pharmacie avec le gardien, c’est une dizaine de cafards que j’expulse et un scorpion dont nous abrégeons la vie : j’ai eu un mouvement de recul lorsque je l’ai aperçu. Le râteau du jardinier montre des signes de faiblesse, je le porte à Yves, formateur en Soudure. Le jardinier retrouve le sourire, dans son jardin les criquets ont fuit face à l’insecticide et les cendres des déchets de bois brûlés à la société font un bon engrais pour ses légumes.
Enfin une note d’espoir, mon équipe de Football, Flèche Noire, a fait match nul ce samedi, 3-3 : un score encourageant. Les joueurs sont rentrés avec le sourire.

samedi 9 janvier 2010

Le nouvel an au lit

C’est le 28 décembre dernier (bon anniversaire Alex) que de bon matin je monte à l’arrière du 4X4 avec une équipe d’ingénieurs - David, un Israélien, et quatre Congolais de Kin.La route nationale que nous empruntons entre Bétou et Ouesso fait environ 750 km - trois fois moins à vol d’oiseau - et elle est plus ou moins bien entretenue par les sociétés forestières de la Likouala et de la Sangha.Par endroits il faut passer sous les arbres couchés en travers, à d’autres s’enfoncer dans plusieurs dizaines de centimètres d’eau.L’équipe d’ingénieurs travaille à la mise en place d’antennes-relais pour MTN, un opérateur de téléphonie mobile très présent en Afrique.Car en quittant Bétou, c’est aussi la couverture du réseau Zaïn que nous quittons et que nous retrouvons après deux jours de route à Ouesso. Nous passons par Moualé, Mokabi, Lola, Lopola, passons la nuit à Ipenja (une bonne antilope au restaurant et une bonne douche chaude en cadeau, la première depuis trois mois) avant de reprendre par Mbouala, Loumdoungou, Pokola, le bac à Ngombé et enfin la grande ville de Ouesso où nous quittons nos ingénieurs. En forêt, lorsque nous sortons pour inspecter les futurs sites d’implantation, ce sont les moucherons qui nous accueillent. Toutefois nous observons les traces de l’éléphant, le passage d’un pangolin et d‘écureuils, quelques singes dans les arbres, un gorille sur la piste et quelques buffles sauvages. Nous croisons aussi du bétail accompagnés depuis le Tchad ou le Soudan, via la Centrafrique jusque dans la Likouala ou la Sangha pour finir dans les assiettes congolaises. Le 30 décembre nous roulons toute la journée, partis à 5h00, nous arrivons à Enyéllé à 22h30.Tout le long de la route nous distribuons du pain et des bonbons aux Baakas sur le bord de la piste. Ils nous remercient chaleureusement.
Le 31, départ à 5h00, passage au premier bac de Bissambi et au deuxième à Sambala. Nous arrivons à Impfondo avant le déjeuner. C’est la St Sylvestre et nous venons de parcourir 1800 kilomètres de piste en 3 jours et demi. A 22h00, je tombe de fatigue et vais me coucher.Le 1er janvier 2010, nouveau jour, nouvelle année ; je commence par aller à la messe, célébrée par Mgr Jean Gardin. Pour le retour vers Bétou, nous sommes accompagnés par un docteur Guinéen qui travaille à l’OMS, et deux directeurs départementaux de la santé et de l’éducation. Nous visitons les écoles et les établissements de santé.A midi, nous déjeuner dans un restaurant très « local ». Bonne et heureuse année à tous, qu’elle vous apporte les bienfaits que vous espérez.
Aujourd’hui, 7 janvier, je souhaite un joyeux anniversaire à Etienne, mon frère.