mercredi 18 août 2010

Bétou 29.07

Le bruit de fond est incessant et monotone. Les gouttes de pluie, une à une, viennent frapper la tôle, des heures durant. Depuis quelques semaines, les pluies se prolongent, le niveau du fleuve monte et la vie à Bétou est calme. L'année scolaire est terminée, plus de chants d'enfants le matin à l'école catholique, plus de cris d'adolescents qui courent après le ballon, même les répétitions des chorales se font plus discrètes, car nombreux sont les choristes qui ont voyagé. Je quitte la paroisse pour rejoindre le centre. Je fais bien attention où je pose mes pieds, entre les flaques, les herbes - qui parfois cachent des serpents - et les étendues où la boue et l'argile se mêlent. Il y en a partout, de cette terre collante, dans les moindres recoins des cadres de vélo, aux extrémités de mon pantalon, plusieurs centimètres d'épaisseur sous mes semelles que je balaierai dans quelques jours sous forme de poussière dans ma chambre.
Par la fenêtre, derrière le rideau de pluie, sous ce ciel gris, j'observe cette église où j'ai prié pendant dix mois. Lors de ma dernière messe à Bétou, le prêtre venu de Montréal m'a salué en tant que "minorité visible". J'espère avoir apporté à cette communauté un peu plus que la seule présence d'un blanc. Constamment observé, chaque étranger se doit d'être exemplaire : qu'il le veuille ou non il porte la responsabilité de représenter son pays, sa religion. Je n'ai pas failli à cette mission et j'en suis satisfait. Attentif et à l'écoute des maux de toutes sortes de personnes rencontrées ici, je me prépare à renouer avec mes proches, mes amis, restés en France. Si j'ai manqué des baptêmes, des mariages et des fêtes en tous genres, j'étais présent de tout coeur en pensée et en prière. Le retour, "c'est un autre départ" : alors en route !

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