lundi 5 avril 2010

Retour à Bétou : toute une aventure !

Enfin revenu à la réalité de Bétou, je replonge dans les difficultés de l’éloignement.
J’ai d’abord passé une bonne semaine à Bangui, à la maison St Charles. Après quelques courses, rapidement effectuées dans les premiers jours, je me suis rendu au centre Jean XXIII pour la rencontre annuelle des coopérants de Centrafrique. En deux jours, nous avons abordé quatre thèmes : l’adéquation à la fiche de poste, le développement, la vie affective et la relation avec l’église. Pouvoir discuter avec d’autres coopérants m’a fait un bien énorme en rompant avec mon sentiment de solitude quotidien. Je me suis rendu compte de la chance qu’avaient certains coopérants de vivre ensemble et ainsi de partager immédiatement leurs expériences de la vie africaine et de leur travail. Ma chance à moi, c’est d’être un peu plus en contact avec la population locale.
Après la rencontre, j’ai attendu la première occasion de rentrer sur Bétou et les choses ont commencé à se compliquer. Repoussé à deux reprises, mon voyage a débuté samedi. Au rendez-vous dès 13 heures, il a fallu attendre 16 heures pour que l’on finisse de charger le véhicule et réaliser encore quelques courses de dernière minute. Nous arrivons au bac de Mongoumba à la nuit tombée et prenons tout de même le risque de traverser, à la lumière des phares des camions stationnés depuis deux jours. La fragilité de la rampe ne leur permet plus de tenter la traversée et ce sont donc des chauffeurs excédés que j’ai découvert. A Mongoumba, le poste frontière est fermé pour la nuit. Il n’y a plus de place à l’auberge : c’est dans la cabine du véhicule que je tente de passer la nuit, malgré un mal de dos qui a débuté le matin même. Le dimanche matin, nous reprenons la route. Arrivés à la douane, nous constatons la crevaison d’une roue. La roue de secours étant sous le chargement du véhicule, il a fallu tout sortir avant de tout remettre en place une fois le remplacement effectué. Après 18 kilomètres, nous atteignons le poste frontière. A ce moment, la roue que nous venons de changer se dégonfle bruyamment. Coincés, le chauffeur part avec le premier véhicule pour aller réparer la roue au village voisin. Sur place, peu à manger, pas d’eau réellement potable et le vent violent annonce déjà la pluie. Au bout de 4 heures, le chauffeur revient et répare le véhicule. Sur la piste humide, nous nous déplaçons plus lentement. J’espère qu’aucun arbre ne s’est mis en travers, car nous n’avons pas de tronçonneuse. Nous arrivons finalement à Bétou à 18 heures, le soleil vient de se coucher. Tout heureux d’être enfin de retour à Bétou, je passe la soirée avec Fidelis et Gabriel, les camerounais. J’arrive à la paroisse à minuit et constate que la serrure a été changée. Je frappe à la porte, personne ne répond. Je me demande même s’il y a quelqu’un. Je passe à nouveau la nuit dehors. Lundi 5 avril, 6 heures du matin, la porte s’ouvre, je suis enfin rentré. Je n’ai pas bu beaucoup, ni mangé depuis près de deux jours.

Vacances

Bangui, Vendredi 26 mars 2010

Depuis un moment, le silence s’était invité à la société forestière Likouala Timber de Bétou. D’abord, pendant une semaine, le manque de carburant a signé l’arrêt des machines et du chômage technique pour un certain nombre d’employés. Puis, au début de la semaine, c’est la grève qui a débuté. Revendication principale : paiement des salaires de janvier et de février. Reste à voir quelle sera la nouvelle politique de la société quand je rentrerai, si nouvelle il y a.
Vivent les vacances. Le centre d’apprentissage ne ferme pas complètement les portes. Certains continuent à travailler. L’inspecteur des sports, sous l’impulsion du ministre, lance officiellement les jeux de l’ONSSU de jeudi à samedi, sur le terrain du stade municipal. Au programme : vitesse, relais, dzango pour les filles et football pour les garçons. Patricia a entrainé des filles motivées toute la semaine, quant aux garçons ils se débrouillent seuls. Je laisse ma place vacante. Je suis en voyage à Bangui : en vacances. Daniel Marchand, mon chargé de mission suppléant, est venu me rendre visite à Bétou. Il a pu tranquillement apprécier le cadre de vie et de travail dans lequel j’évolue depuis bientôt six mois. J’ai profité de l’occasion pour l’accompagner en Centrafrique. Passant par Mbaïki, j’ai rencontré quatre autres coopérants avant de retrouver la maison St Charles à Bangui. Les 30 et 31 mars aura lieu la rencontre des coopérants de Centrafrique à laquelle j’ai été gentiment convié en tant que proche voisin. Dans l’attente, j’ai été chargé de faire quelques achats - Bangui étant considérée comme un supermarché pour les gens de Bétou. Je profite également de la douche et des repas un peu plus variés. J’ai ainsi mangé du museau, en laissant, un peu dégouté, un bout de mâchoire et quelques dents dans le fond de mon assiette, cependant le goût n’est pas mauvais. Aussi, profitant de mon temps libre, j’ai entamé la lecture d’un pavé de 1200 pages : Le Seigneur de Bombay, par Vikram Chandra.