mardi 13 juillet 2010

Examen du CAP

Après quatre jours d’un travail très intense, tant pour les apprentis que pour les examinateurs, les résultats sont tombés. Sur 44 apprentis présentés à l’examen, 40 ont réussi et 4 ont échoué, soit un taux de réussite de 91 %. Pour ceux de première année, sur 100 inscrits, 60 ont trouvé la volonté de poursuivre jusqu’à la fin de l’année. 45 sont acceptés en deuxième année, soit 45 % de réussite. Plusieurs personnes, depuis quelques mois, me félicitent pour le travail effectué et sont fiers de voir un centre d’apprentissage fonctionner à Bétou. Il ne me reste que quelques semaines pour établir un plan de fonctionnement pour l’an prochain qui tienne compte des difficultés rencontrées cette année. Le centre continuera sans moi et j’espère qu’il continuera bien.

lundi 5 juillet 2010

Retour au pays

Pour ceux qui me voyaient déjà en perpétuelles vacances à Kribi, au Cameroun, je les rassure : je suis rentré au Congo. J’ai quitté Kribi le dimanche 16 mai pour rejoindre Douala. Le mardi 18, à 16h, le véhicule que nous attendions a quitté la douane. Le temps de charger les bagages et les nombreux achats effectués la semaine précédente, d’installer les autocollants de la paroisse d’Enyelle sur les portières, nous avons quitté Douala à la nuit tombée. Nous avons passé Yaoundé à minuit, entre deux fermetures de route pour cause de répétitions des festivités du cinquantenaire de l’indépendance camerounaise. Plus loin, à Ayos, nous avons dormi quelques heures sur un parking avant de reprendre la route. Nous franchissons finalement la frontière le 21 à l’aube. Après toute une journée sur la route et une partie de la nuit, c’est à 21h que je laissais le volant à l’Abbé Roger pour qu’il poursuive jusqu’à sa paroisse. Avec le père Lucien, nous roulions alors vers Bétou. En trois jours et demi, j’ai roulé plus de 1800 kms sur goudron et sur pistes avec, toujours, la crainte de rester embourbé ou de ne pas voir un trou.

Heureusement le week-end m’a permis de me reposer de cet épuisant trajet. Mais le répit était de courte durée, car déjà le mois de juin pointait son nez et, avec lui, les examens de fin d’année. Entre les visites des écoles, des réfugiés et ORA, la visite de madame la ministre de l’éducation primaire, secondaire et de l’alphabétisation, la journée mondiale du réfugié et la marche courante du centre d’apprentissage, je n’ai plus eu une heure pour moi. Le temps a filé à une vitesse ! Avec la coupe du monde, nous avons une vraie effervescence au centre les jours de match : les téléspectateurs payent un droit d’entrée de 50F. Les matchs de l’Afrique ont été suivis par une centaine de personnes en moyenne, qui se sont massées devant le petit écran.

Enfin, ces derniers jours, je suis en attente de la venue de l’expert qui vient valider les épreuves du CAP. J’irai peut-être le chercher à Impfondo mercredi. Pour que les examens puissent se dérouler entre jeudi et samedi. Il me restera ensuite le mois de juillet pour préparer la prochaine rentrée scolaire. Je bouclerai alors ma valise au mois d’août ; mon retour à Paris est prévu pour le 20 août. Je devrai donc être présent à Brazzaville le 15 août pour les festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Congo.

lundi 17 mai 2010

Vacances à Kribi

Pour le week-end prolongé de l’ascension, nous sommes partis à Kribi, sur la côte atlantique. Après les deux premiers jours un peu gris, ce samedi nous procure un temps idéal pour la baignade. Nous sommes à « La Belle Mer », la plage est à quelques mètres seulement de notre chambre et le bruit des vagues nous berce la nuit. L’emploi du temps est réduit à son strict minimum : baignade, repas, sieste. L’eau est chaude, les vagues s’échouent inlassablement sur le sable fin, le temps s’écoule lentement sur cette plage camerounaise. Les poissons sont délicieux et le coucher de soleil splendide. Ce sont des jours heureux où je me prélasse. Nous visitons les chutes de la Lobé, spectacle unique au monde. Le soir nous dégustons des brochettes de viande et assistons au concert d’un artiste camerounais : Petit Pays.

jeudi 6 mai 2010

Voyage au Cameroun

Je suis arrivé cette nuit à Douala, au terme de quatre jours de route sur des pistes plus ou moins praticables et sur une route au goudron parfait. Nous sommes partis dimanche matin, à 10h, après la messe, le père Lucien et moi. Nous avons rejoint le père Roger à Enyellé, car c’est pour récupérer un véhicule pour les sœurs de sa paroisse que nous faisons le déplacement, ainsi que pour s’assurer du bon acheminement d’un container de matériel pour Mgr Gardin à Impfondo. Après une journée de route, nous avons été hébergés à Mokabi. Le lendemain, nous sommes passés à Pokola, nous avons ensuite passé la frontière du Cameroun en franchissant la Sangha sur un bac à Socambo et avons passé la nuit dans une auberge très modeste à la barrière du PK27. A 6h, nous franchissons la barrière, en route pour Yokadouma. En chemin, nous discutons avec un oblat polonais, avec un chef de chantier suisse, une laïque italienne qui s’occupe aussi des écoles ORA et un prêtre polonais. Volontairement, nous choisissons de ne pas suivre la route centrale vers Abong Mbang et empruntons la piste vers Lomié. La pluie et le vent ont vite contrarié nos plans : à une vitesse de 20 km/h, nous avançons péniblement sur la piste glissante et vallonnée. Après 120 km, c’est le demi-tour obligatoire à cause d’un arbre dont le diamètre est trop important pour notre petite tronçonneuse. Nous passons la nuit dans une petite auberge à GVI, nom de la société forestière implantée à cet endroit. Enfin, en prenant la piste de la société vers le nord, nous rejoignons Mbang, puis Abong Mbang où le père Georges-Henri nous invite à déjeuner. Après le repas nous parcourons encore les 470 kms restants pour rejoindre Douala, en passant par Yaoundé. Cette route goudronnée, bien entretenue, est meurtrière. En quelques heures, nous avons été témoins de quatre accidents récents. La majorité des cas impliquant des camions. Les grumiers en provenance de toute l’Afrique centrale, les citernes approvisionnant les diverses stations du pays et les sociétés forestières et les transporteurs d’éléments de pipeline à destination du Tchad occupent la route, pendant que les 4X4 flambants neufs roulent à très vive allure, frôlant les piétons et les motocyclistes inconscients qui circulent le long de la chaussée. En bref, je suis bien arrivé.

Construction d’une école ORA à Ngoundimba, au clair de lune.

Depuis la fin de la rencontre des coopérants de Centrafrique et mon retour laborieux de Bangui, j’ai été absorbé par le travail, mais aussi quelques à côtés distrayants. Organisation des compositions de fin de deuxième trimestre, réalisation et livraison de 110 tables-bancs financés par l’UNESCO au profit des écoles des « déplacés » de Bétou, réalisation de 100 tableaux supplémentaires financés par l’UNICEF à destination des écoles des « déplacés » dans le nord de la Likouala, fête d’anniversaire de M. Fidelis, matchs de football de l’équipe Ewawa (au bout de 15 minutes de jeu à 16h, sous un soleil écrasant, je suis déjà épuisé), visite des écoles ORA de Wongo et Wongo 2, accueil de séminaires de formation au centre d’apprentissage, construction d’un centre d’écoute à proximité du centre des malnutris et enfin construction d’une nouvelle école ORA à Ngoundimba. Pendant ce temps la société est à l’arrêt pour rupture d’approvisionnement en carburant, donc en électricité…

lundi 5 avril 2010

Retour à Bétou : toute une aventure !

Enfin revenu à la réalité de Bétou, je replonge dans les difficultés de l’éloignement.
J’ai d’abord passé une bonne semaine à Bangui, à la maison St Charles. Après quelques courses, rapidement effectuées dans les premiers jours, je me suis rendu au centre Jean XXIII pour la rencontre annuelle des coopérants de Centrafrique. En deux jours, nous avons abordé quatre thèmes : l’adéquation à la fiche de poste, le développement, la vie affective et la relation avec l’église. Pouvoir discuter avec d’autres coopérants m’a fait un bien énorme en rompant avec mon sentiment de solitude quotidien. Je me suis rendu compte de la chance qu’avaient certains coopérants de vivre ensemble et ainsi de partager immédiatement leurs expériences de la vie africaine et de leur travail. Ma chance à moi, c’est d’être un peu plus en contact avec la population locale.
Après la rencontre, j’ai attendu la première occasion de rentrer sur Bétou et les choses ont commencé à se compliquer. Repoussé à deux reprises, mon voyage a débuté samedi. Au rendez-vous dès 13 heures, il a fallu attendre 16 heures pour que l’on finisse de charger le véhicule et réaliser encore quelques courses de dernière minute. Nous arrivons au bac de Mongoumba à la nuit tombée et prenons tout de même le risque de traverser, à la lumière des phares des camions stationnés depuis deux jours. La fragilité de la rampe ne leur permet plus de tenter la traversée et ce sont donc des chauffeurs excédés que j’ai découvert. A Mongoumba, le poste frontière est fermé pour la nuit. Il n’y a plus de place à l’auberge : c’est dans la cabine du véhicule que je tente de passer la nuit, malgré un mal de dos qui a débuté le matin même. Le dimanche matin, nous reprenons la route. Arrivés à la douane, nous constatons la crevaison d’une roue. La roue de secours étant sous le chargement du véhicule, il a fallu tout sortir avant de tout remettre en place une fois le remplacement effectué. Après 18 kilomètres, nous atteignons le poste frontière. A ce moment, la roue que nous venons de changer se dégonfle bruyamment. Coincés, le chauffeur part avec le premier véhicule pour aller réparer la roue au village voisin. Sur place, peu à manger, pas d’eau réellement potable et le vent violent annonce déjà la pluie. Au bout de 4 heures, le chauffeur revient et répare le véhicule. Sur la piste humide, nous nous déplaçons plus lentement. J’espère qu’aucun arbre ne s’est mis en travers, car nous n’avons pas de tronçonneuse. Nous arrivons finalement à Bétou à 18 heures, le soleil vient de se coucher. Tout heureux d’être enfin de retour à Bétou, je passe la soirée avec Fidelis et Gabriel, les camerounais. J’arrive à la paroisse à minuit et constate que la serrure a été changée. Je frappe à la porte, personne ne répond. Je me demande même s’il y a quelqu’un. Je passe à nouveau la nuit dehors. Lundi 5 avril, 6 heures du matin, la porte s’ouvre, je suis enfin rentré. Je n’ai pas bu beaucoup, ni mangé depuis près de deux jours.

Vacances

Bangui, Vendredi 26 mars 2010

Depuis un moment, le silence s’était invité à la société forestière Likouala Timber de Bétou. D’abord, pendant une semaine, le manque de carburant a signé l’arrêt des machines et du chômage technique pour un certain nombre d’employés. Puis, au début de la semaine, c’est la grève qui a débuté. Revendication principale : paiement des salaires de janvier et de février. Reste à voir quelle sera la nouvelle politique de la société quand je rentrerai, si nouvelle il y a.
Vivent les vacances. Le centre d’apprentissage ne ferme pas complètement les portes. Certains continuent à travailler. L’inspecteur des sports, sous l’impulsion du ministre, lance officiellement les jeux de l’ONSSU de jeudi à samedi, sur le terrain du stade municipal. Au programme : vitesse, relais, dzango pour les filles et football pour les garçons. Patricia a entrainé des filles motivées toute la semaine, quant aux garçons ils se débrouillent seuls. Je laisse ma place vacante. Je suis en voyage à Bangui : en vacances. Daniel Marchand, mon chargé de mission suppléant, est venu me rendre visite à Bétou. Il a pu tranquillement apprécier le cadre de vie et de travail dans lequel j’évolue depuis bientôt six mois. J’ai profité de l’occasion pour l’accompagner en Centrafrique. Passant par Mbaïki, j’ai rencontré quatre autres coopérants avant de retrouver la maison St Charles à Bangui. Les 30 et 31 mars aura lieu la rencontre des coopérants de Centrafrique à laquelle j’ai été gentiment convié en tant que proche voisin. Dans l’attente, j’ai été chargé de faire quelques achats - Bangui étant considérée comme un supermarché pour les gens de Bétou. Je profite également de la douche et des repas un peu plus variés. J’ai ainsi mangé du museau, en laissant, un peu dégouté, un bout de mâchoire et quelques dents dans le fond de mon assiette, cependant le goût n’est pas mauvais. Aussi, profitant de mon temps libre, j’ai entamé la lecture d’un pavé de 1200 pages : Le Seigneur de Bombay, par Vikram Chandra.